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Environnement et décarbonation

La stratégie climat d'Air France : le programme Air France ACT et ses objectifs pour 2030 et 2050, les leviers de réduction du CO2 (flotte, carburants durables, éco-pilotage), l'empreinte carbone de la compagnie et les effets autres que le CO2.

PubliéeMise à jour le 8 octobre 2026

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À retenir

  • Air France ACT, lancé le 13 avril 2022, vise -30 % d'émissions de CO2 par passager-kilomètre en 2030 par rapport à 2019.
  • L'objectif à long terme est zéro émission nette en 2050.
  • La trajectoire est construite selon la méthode de l'organisme indépendant SBTi (Science Based Targets initiative), qui valide l'alignement sur l'Accord de Paris.
  • Le premier levier est le renouvellement de la flotte : un A350 ou un A220 émet jusqu'à 25 % de CO2 en moins que l'avion qu'il remplace.
  • Air France vise au moins 10 % de carburant d'aviation durable (SAF) sur ses vols en 2030.
  • Depuis 2013, Air France participe avec le CNRS au programme scientifique IAGOS de mesure de l'atmosphère.

Air France ACT

Le 13 avril 2022, Air France présente Air France ACT, sa trajectoire de réduction des émissions de CO2. Objectif : -30 % d'émissions par passager-kilomètre en 2030 par rapport à 2019, sans compter la compensation, soit environ -12 % en valeur absolue compte tenu de la croissance prévue de l'activité. Entre 2005 et 2019, la compagnie avait déjà réduit ses émissions totales de 6 %, malgré une hausse du trafic de 32 %.

La trajectoire suit la méthode de calcul de la Science Based Targets initiative (SBTi), organisme indépendant fondé notamment par le CDP, le Pacte mondial des Nations unies et le WWF. Le groupe Air France-KLM vise aujourd'hui -17,8 % d'émissions de CO2 par tonne-kilomètre transportée en 2030 par rapport à 2024, un objectif dont la SBTi a confirmé l'alignement sur l'Accord de Paris.

À l'horizon 2050, Air France vise zéro émission nette : réduire fortement ses émissions et contribuer à retirer de l'atmosphère l'équivalent des émissions résiduelles.

Lancement d'Air France ACT
13 avril 2022
Objectif 2030
-30 % de CO2 par passager-km (base 2019)
Soit en valeur absolue
environ -12 %
Objectif 2050
zéro émission nette
Organisme de validation
SBTi

Les leviers de réduction

Le renouvellement de la flotte est le premier levier. Les Airbus A220 et A350 émettent jusqu'à 25 % de CO2 en moins que les appareils qu'ils remplacent et réduisent l'empreinte sonore d'environ un tiers. En 2022, ces avions de nouvelle génération représentaient 7 % de la flotte ; l'objectif est 70 % en 2030.

Les carburants d'aviation durables (SAF), issus de sources non fossiles, réduisent en moyenne de 80 % les émissions de CO2 sur leur cycle de vie. Depuis le 1er janvier 2022, une obligation impose 1 % de SAF sur les vols au départ de France. Air France vise au moins 10 % en 2030 et 63 % en 2050. En septembre 2024, le groupe a signé avec TotalEnergies un contrat portant sur jusqu'à 1,5 million de tonnes de SAF sur dix ans, jusqu'en 2035.

L'éco-pilotage (roulage sur un seul moteur, trajectoires optimisées, descente continue) réduit les émissions de quelques pour cent. S'y ajoutent une restauration plus responsable et l'intermodalité avec la SNCF sur les trajets courts.

Gain d'un A350 ou d'un A220
jusqu'à -25 % de CO2
Nouvelle génération dans la flotte
7 % (2022), objectif 70 % (2030)
SAF obligatoire depuis 2022
1 %
Objectif SAF
au moins 10 % en 2030
Contrat TotalEnergies
jusqu'à 1,5 Mt sur 10 ans

L'empreinte carbone

En 2024, l'empreinte carbone du groupe Air France est estimée à 21,7 millions de tonnes de CO2. Les émissions directes, dues à la combustion du carburant, en représentent 71 % (15,3 millions de tonnes) ; les émissions indirectes, surtout liées à la production et au transport du carburant, 29 %. Au total, près de 90 % des émissions d'Air France sont liées au carburant consommé par ses avions.

Empreinte 2024
21,7 Mt de CO2
Émissions directes
71 %
Émissions indirectes
29 %

Au-delà du CO2 : recherche et traînées

L'aviation a aussi des effets dits « non-CO2 », dont au moins 80 % viennent des traînées de condensation persistantes. Leur impact, encore incertain, serait du même ordre de grandeur que celui du CO2.

Depuis 2013, en partenariat avec le CNRS, Air France participe à IAGOS, infrastructure de recherche européenne : un Airbus A330 équipé de capteurs mesure les gaz à effet de serre et l'humidité à haute altitude. Depuis 2021, la compagnie travaille aussi avec Météo-France à mieux prévoir les zones où se forment les traînées persistantes.

Participation à IAGOS
depuis 2013

Pièges fréquents

  • L'objectif d'Air France ACT porte sur le CO2 par passager-kilomètre (-30 %), pas sur les émissions totales (-12 % environ).
  • La base de comparaison d'Air France ACT est 2019, pas 2005 ni 2022 ; l'objectif actuel du groupe, lui, se compare à 2024.
  • 10 % de SAF en 2030, pas 30 % : le chiffre de 30 % concerne la baisse du CO2 par passager-kilomètre.
  • Le premier levier de réduction est le renouvellement de la flotte ; les SAF doivent prendre le relais à plus long terme.
  • L'empreinte carbone dépend de l'année et du périmètre : environ 20 millions de tonnes pour 2019 dans d'anciennes publications, 21,7 pour 2024.

Sources